
Taner Akçam : ‘Obama devrait reconnaître le génocide arménien et libérer ainsi les Turcs et les Arméniens’
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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Des universitaires et d’une manière générale des intellectuels commencent à ‘monter aux créneaux’ pour défendre la vérité et faire reconnaître le génocide arménien. On ne peut que louer et soutenir les efforts qu’ils déploient.
Si les Etats-Unis sont sur le point de le reconnaître prochainement, on ne peut que souhaiter que cela serve d’exemple à l’auteur lui-même, c’est-à-dire à l’Etat turc. Et là le doute est permis. Dur de faire revenir un négationniste sur ses propos.
Car reconnaître est une chose, réparer en est une autre, et çà la Turquie le sait bien. Et dans ce domaine, il y a très peu de gens qui s’y aventure.
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Le 19 Mars l’éminent universitaire d’origine turque, le Pr. Taner Akçam, a prononcé son discours d’inauguration à l’Université Clark, intitulé "Face à l’histoire : Le déni et le concept turc de sécurité nationale". En 2008, Akçam a été nommé à la Chaire d’études du génocide arménien à l’Université Clark. [Crée par Robert, Aram, Marianne Kalousdian et, Stephen et Marion Mugar].
S’adressant devant une salle Tilton comble du Centre Universitaire Higgins, Akçam a adressé un message fort au président américain Barack Obama, lui demandant de libérer les Turcs et les Arméniens en reconnaissant le génocide arménien.
Parlant de la réticence du Congrès et de certains ex-présidents américains à reconnaître le génocide arménien, Akçam a déclaré : "Voici une représentation de théâtre dramatique, - peut-être que ‘comique’ serait un meilleur terme -, que toutes les parties proposent chaque année, et qui commence à vieillir. Il est temps de mettre fin à ce jeu déshonorant". Il a expliqué comment chaque fois qu’un Président américain ou le Congrès met la question du génocide sur la table, "ils refusent pour un jour, ce qu’ils croient les 364 autres jours de l’année".
Et de poursuivre : "Toutes les parties impliquées savent très bien ce que l’administration américaine et le Congrès pensent de 1915. Mais la Turquie leur demande de mentir une seule journée. Je n’ai jamais compris pourquoi le gouvernement turc retirait tant de joie à faire mentir les États-Unis pour une journée. Je trouve cela absolument déshonorant. Non seulement ce mensonge ne permet pas d’arriver à une solution, mais bloque inutilement le débat".
Par conséquent, Akçam a fait valoir l’importance de la reconnaissance officielle par les États-Unis du génocide arménien : "si les Etats-Unis déclarent ce qu’ils croient être la vérité et s’y tiennent, non seulement ils gagneront le respect de soi-même sur le sujet, mais ils libéreront les Turcs, les Arméniens, et eux-mêmes dans le processus".
Akçam a terminé son exposé en demandant à Obama de se lever pour la vérité. "Je crois que nous allons entrer dans une nouvelle ère où la morale et la realpolitik ne seront pas considérées comme s’excluant mutuellement, si le président Obama met un terme à ce problème persistant et libère tout le monde dans le processus par une reconnaissance officielle du génocide".
Obama, en tant que sénateur et candidat à l’élection présidentielle, a été un fervent défenseur de la reconnaissance du génocide arménien par les Etats-Unis. Il a appelé à maintes reprises l’ancien président George W. Bush à reconnaître le génocide, et il a exprimé des réserves sur le rappel de l’ambassadeur américain d’Arménie, John Marshall Evans, pour ses remarques concernant ce crime. En Janvier 2008, Obama a déclaré lors de sa campagne que : "l’Amérique mérite un chef qui dise la vérité sur le génocide arménien et réponde avec force à tous les génocides. J’ai l’intention d’être ce Président". La déclaration se trouve sur le site.
La semaine dernière, les Représentants Adam Schiff (D-Cal.), George Radanovich (R-Cal.), Frank Pallone (DN.J.), et Mark Kirk (R-Ill.) et 70 de leurs collègues de la Chambre ont introduit une proposition de résolution sur le génocide arménien (H.Res.252), invitant le Président à le reconnaître. Cette résolution est identique à celle (H.Res.106) présentée au dernier Congrès, qui a été adoptée par la commission des Affaires étrangères de la Chambre, par 27 voix contre 21, et soutenue par plus de 200 signataires.
Khatchig Mouradian – 24 Mars 2009
