
La réunion de Sotchi a révisé le statu quo existant dans la région
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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
C’est toujours Moscou qui tire les ficelles dans les négociations de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Son influence bien que amoindrie, reste toujours importante dans cette région du monde. La quatrième réunion du genre entre les trois présidents en est une preuve.
Le risque d’une reprise des hostilités entre les deux antagonistes, déclenchée par Bakou, est possible mais peu probable. Tout d’abord parce l’Azerbaïdjan n’est pas certaine de gagner malgré sa supériorité en matériel, mais surtout elle risque d’avoir en face d’elle l’armée russe, Moscou ayant des accords militaires avec Erevan, et auxquels il faut ajouter l’intervention des six pays du pacte du CSTO. Et on voit mal dans ce contexte la Turquie intervenir militairement. Cela signifierait un affrontement OTAN – Russie, ce qui totalement exclu.
Par contre, ce qui serait plus probable. ce sont des échauffourées sérieuses sur la ligne de contact au Karabakh, si le blocus de l’Arménie par la Turquie était levé suite à la ratification des protocoles.
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La réunion des Présidents arménien, azerbaïdjanais et russe à Sotchi, a été à première vue, de clarifier la situation de la réglementation dans le conflit du Karabakh, surtout dans la partie visée par le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov. Le point en question porte sur le préambule où est indiquée la participation directe du Haut-Karabakh dans le processus de négociation. Toutefois, dans l’ensemble, la réunion de Sotchi a ajusté seulement le statu quo existant dans la région, confirmant une fois de plus que dans un avenir proche, la Russie est déterminée à maintenir son rôle de leader dans le Caucase.

Le règlement du conflit du Karabakh est presque au point mort et les tentatives des pays coprésidents du Groupe de Minsk de faire avancer tant bien que mal le processus, vont se traduire au mieux par des déclarations. Aussi, aucune autre variante ne peut être envisagée dans un proche avenir tant que les deux parties sont sur une position diamétralement opposée et, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, il ne faut pas s’attendre à voir des progrès. Il est difficile de juger si cela est bon ou mauvais, mais si l’improbable se produit et que la RHK s’assoit autour de la table des négociations en tant que participant à part entière, alors nous pouvons parler d’une percée. Un autre avantage est que les présidents se sont abstenus de signer un "Meindorf-2", car il est clair qu’aucune déclaration ne peut forcer à signer un accord-cadre sur le Karabakh. Il n’est pas non plus réaliste de donner un calendrier pour un accord, comme l’a fait le coprésident russe du groupe de Minsk de l’OSCE, Yuri Merzlyakov. Selon lui, les parties ont deux semaines pour s’entendre sur les principes de base du règlement du conflit, ce qui est tout simplement impossible par définition. Bref, concernant le règlement du conflit du Karabakh, l’année 2010 sera semblable à 2009.
À cet égard, il convient de noter que la semaine dernière selon le décret présidentiel de Dimitri Medvedev, il a été mis en place le District Fédéral du Nord-Caucase, qui vise à renforcer naturellement la position de Moscou dans cette région hautement instable. Dans l’ensemble, les positions vis à vis des deux parties peuvent être décrites comme suit :
La Russie, en tant que pays coprésident du Groupe de Minsk de l’OSCE, s’efforce d’éviter une reprise de la guerre au Karabakh, car elle doit encore renforcer sa position.
Les deux autres coprésidents, USA et l’UE, par France interposée, ne feront pas obstacle à Moscou, vu qu’ils en ont besoin comme voie de passage vers l’Afghanistan.
La Turquie et l’Iran sont également concernées et leurs positions sont déjà définies : elles ne peuvent pas influencer l’adoption d’une solution, quelle qu’est soit, au problème du Karabakh. Elles ne seront pas autorisées à l’empêcher.
Et nous revenons à la conclusion que, c’est surtout Moscou qui ne le permettra pas, partant sur le fait du bénéfice mutuel, que la Turquie et l’Iran ont besoin de l’appui de la Russie à ce jour. Les relations turco-israéliennes tendues ne peuvent pas être réglées avec l’aide de Moscou. Il ne faut pas non plus oublier le programme nucléaire iranien. En outre, l’activité croissante de la Turquie dans les affaires régionales peut, assez curieusement, gêner l’Azerbaïdjan, car dans ce cas, les pays concernés vont adhérer à une politique uniforme, et Ankara, avec son soutien ouvert à Bakou et son aversion évidente pour l’Arménie, peut être relégué au second plan. La politique de l’Iran dans ce ‘jeu’ est bien équilibrée : Téhéran veut simplement ‘aider à régler le conflit en tant que partie désintéressée’. Et très probablement, le moment venu, Téhéran, affichera sa préférence (par rapport à Ankara).
Et il s’avère que seuls des événements très graves se déroulant loin du Caucase peuvent secouer ou frapper la Russie dans la région. Où et comment cela se passera n’est pas encore clair, cela peut dépendre du résultat des élections en Ukraine, au Bélarusse, ou n’importe quoi d’autre. Jusqu’à présent tout est calme. Mais cette quiétude peut partir en éclats si Bakou décide soudainement de se lancer dans une guerre. Toutefois, au stade actuel des négociations, la chose la plus importante pour Bakou est que le Karabakh ne soit pas un État reconnu légalement, car cela le priverait de la possibilité de lancer une action militaire, même si une fenêtre d’opportunité se présentait.
Karine Ter-Sahakian - PanARMENIAN.Net - Département Analyse
